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L’histoire de Michael

Posté le 4 décembre 2017 par Catherine Ross

Avez-vous besoin qu’on vous rappelle l’importance cruciale de votre rôle de directeur de camp? Quelle que soit votre réponse, je vous invite à lire l’histoire de Michael.

À 13 ans, ce jeune Autochtone de Parry Sound, en Ontario, a participé à son deuxième camp d’été grâce à l’organisme de bienfaisance Kids in Camp. Laissons-le nous raconter son histoire.

Au personnel de Kids in Camp,

Michael Camp Wapun

Bonjour, je m’appelle Michael. J’ai 13 ans, mais j’aurai 14 ans en septembre. J’habite à Parry Sound, en Ontario, et je suis en 9e année. Je vivais avant à Bear Island, qui est situé juste à côté de l’île où se déroulait mon camp d’été. C’est une petite communauté où j’ai eu beaucoup de plaisir. Aller au camp cette année, c’était comme revenir à la maison. C’était un camp d’excursion en canot, où l’on vous montre à faire un feu de camp, à couper du bois et à cuisiner sur le feu. Les plus grands peuvent apprendre à manœuvrer l’embarcation et à naviguer dans des rapides de classes plus élevées. Je me suis fait tellement d’amis cette année – certains venaient des États-Unis (surtout de l’Ohio) – et j’ai eu la chance de les voir.

Lors de la première excursion de mon groupe, nous sommes allés au mont Maple, deuxième plus haut sommet de l’Ontario. Nous avons ensuite descendu la rivière Temagami et, lors de notre dernier voyage de 21 jours, nous sommes allés à New Liskeard, puis au lac Wanapitei, près de Sudbury. Sur le chemin du retour, nous avons sauté dans l’eau du haut d’une falaise, et mes moniteurs ont sauté du haut d’une chute. C’était incroyable! Cet été, j’ai appris beaucoup de choses sur le portage et la manœuvre d’un canot. Ça m’a fait perdre beaucoup de poids et j’ai pris du muscle. Je n’ai jamais été aussi en forme de ma vie.

Les camps sont importants pour moi, car ces deux dernières années, j’ai eu des ennuis avec mes amis. Je pense que j’aurais fait beaucoup de bêtises cet été si vous ne m’aviez pas donné de l’argent pour aller au camp. Là-bas, je suis avec des camarades qui ne se mettent pas dans le pétrin, parce que nous n’avons pas le temps de faire des âneries. J’ai eu tellement de plaisir cet été et je vous remercie de m’avoir offert cette chance.

Chi-Miigwetch [merci beaucoup]

Michael

(English) Dear Parents & Guardians Alike

Posté le 21 octobre 2014 par Tamsin Andrews

Désolé, cette information est uniquement disponible en anglais.

Travailler dans un camp, une préparation pour le rôle de parent

Posté le 17 mars 2014 par Catherine Ross

En tant que directrice de camp retraitée, j’ai fréquemment l’occasion de visiter des camps avec d’anciens moniteurs et leurs enfants.

C’est gratifiant de voir ces anciens moniteurs appliquer les précieuses leçons qu’ils ont apprises au camp dans l’éducation de leurs propres enfants. Lors d’une visite à la classe de maternelle de mon petit-fils, j’ai pu constater que, malheureusement, ce ne sont pas tous les parents qui ont eu la chance de recevoir cette formation.

En décembre dernier, j’ai eu le plaisir de visiter la classe de maternelle de mon petit-fils Aidan. Son professeur avait invité les parents à se joindre aux enfants pour une activité de construction de maisons en pain d’épice pour les fêtes. Dans la classe, les bureaux avaient été entassés en six groupes de quatre bureaux pour les 24 élèves et autant sinon plus de mères, pères et grand-parents. Inutile de dire que la pièce était joyeusement remplie et chaotique.

Chaque enfant disposait d’une base en carton, d’un petit carton de lait, de biscuits graham et d’une quantité abondante de glaçage blanc. Lorsqu’Aidan a commencé, j’ai tenu les murs en biscuits graham contre le carton de lait jusqu’à ce que la colle de glaçage prenne. Aidan s’est ensuite mis à vivement décorer la maison et le jardin l’entourant de smarties, cannes de Noël, jujubes, guimauves et bretzels comme bon lui semblait. Je l’ai encouragé et lui ai offert des éloges, mais me suis retenue d’interférer avec sa débordante créativité. Le résultat final n’était ni bien ordonné ni symétrique, mais Aidan était satisfait de ses efforts. Comme il n’y avait aucun parent pour aider la petite fille assise à côté d‘Aidan, je lui ai également donné des encouragements. Elle aussi a produit quelque chose d’unique.

Devant nous, une mère aidait sa fille et un père aidait son fils. En fait, aider n’est pas le mot juste. Ces parents étaient en train de faire le travail pour leurs enfants dans le but de construire la maison en pain d’épice parfaite. La création d’Aidan fut en grande partie dévorée par sa sœur et lui avant la fin de la journée… est-ce donc vraiment tragique si la clôture en cannes de Noël n’était pas parfaitement alignée?

Malheureusement, ces parents n’ont pas suivi un principe de base du travail de moniteur, c’est-à-dire de ne jamais faire pour un enfant ce qu’il est capable de faire par lui-même en s’efforçant. Agir autrement, c’est d’impliquer, volontairement ou non : « Le but, c’est la perfection. Tes efforts ne suffisent pas. Regarde comment je fais. Je peux faire mieux. » Une chance que nous avons des camps où les enfants sont encouragés à faire ce dont ils sont capables, où c’est correct d’être moins que parfait et où, en apprenant à leur propre rythme et par leurs propres efforts, les enfants développent leur confiance et leur estime de soi.

– Catherine Ross, agente de communications de l’ACC

Les leçons de vie qu’on apprend au camp

Posté le 13 juin 2013 par Jeff Blair

Le camp et mes moniteurs ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. C’est pendant les étés que j’ai passés en forêt et au bord d’un lac que j’ai vécu, grâce au leadership de mes moniteurs, quelques-uns des moments les plus marquants et formateurs de ma vie.

Le travail de moniteur de camp n’est pas pour tout le monde. Ça prend un type particulier de leadership. Lorsque j’avais quinze ans, je suis allé sur ma première excursion de canot dans le parc Algonquin, en Ontario. Les seules autres personnes sur l’excursion étaient six autres garçons et deux moniteurs. Nous passions les journées à pagayer sur des rivières marécageuses et faire des portages dans des sentiers boueux, bravant chaleur, pluie et moustiques. Au début, c’était pénible. Le troisième jour de notre excursion de sept jours, j’en avais assez. En plein milieu d’un portage d’une géante côte, j’ai jeté mon canot par terre et me suis assis dans la boue. Mon moniteur, qui était devant moi sur le sentier, est venu me demander ce qui n’allait pas. Je lui ai dit que je n’en pouvais plus de transporter le canot, ce à quoi il a répondu : « Ok, mais les neuf d’entre nous, ensemble, on peut trouver une façon d’y arriver. » Et effectivement, trois compagnons qui avaient terminé leur portage et moi avons pris des tours à transporter le canot jusqu’à l’autre bout, et de là nous avons poursuivi l’excursion.

C’est cette simple leçon de travail d’équipe et de leadership qui m’a inspiré à devenir moniteur et guide d’excursion de canot des années plus tard. Pendant six étés, j’ai guidé une vingtaine d’excursions de canot regroupant au total près de cent cinquante jeunes hommes et jeunes femmes. C’est souvent un travail ingrat. Comme moniteurs et guides d’excursion, on nous confie la responsabilité du bien-être et de la sécurité de ce que les gens ont de plus cher, leurs enfants. En plus de s’occuper des difficultés qui surviennent au quotidien lorsque les enfants sont loin de la maison (pipi au lit, intimidation, ennui, coupures et égratignures) et de celles qui caractérisent la transition à l’âge adulte (relations, estime de soi, identité), les moniteurs de camp sont appelés à inspirer confiance, résoudre les conflits, prendre soin de l’environnement et être de bons leaders, tant auprès des campeurs que de leurs collègues.

Les moniteurs travaillent de plus longues heures que ne l’exige l’emploi moyen et sont moins payés pour le faire. Comme moniteur dans un camp de séjour ou sur une excursion de canot, on ne travaille pas de neuf à cinq, du lundi au vendredi. En fait, notre rôle se rapproche davantage de celui d’un parent à temps plein. Les moniteurs de camp sont de service vingt-quatre heures par jour, devant s’occuper des problèmes pouvant survenir pendant la nuit et se réveiller le lendemain avec le sourire. C’est l’équivalent d’un boulot qui exige de travailler toute la journée, tous les jours, mais de n’être rémunéré que pour quarante heures par semaine au salaire minimum.

J’ai choisi d’être moniteur quand même. Je l’ai fait parce que la satisfaction personnelle que j’y ai retirée a de loin dépassé toute rémunération que j’ai pu y toucher. Les habiletés et compétences que j’ai acquises au camp, autant de mes moniteurs que comme moniteur moi-même, m’ont influencé comme personne et ma façon de voir le monde. Cette expérience m’a montré qu’encadrer, éduquer et inspirer les autres est une vocation méritoire, et qu’il n’y pas d’expression plus authentique de leadership et d’engagement que de le faire sans récompense.

Le moniteur sur ma première excursion de canot aurait facilement pu lui-même porter mon canot jusqu’à l’autre bout du portage. Il aurait tout aussi bien pu me dire que j’étais « inutile », « faible » ou que je ne « faisais pas partie de l’équipe » parce que je n’arrivais pas à porter mon canot. Mais à la place, il a choisi de me permettre et de permettre aux autres membres de l’excursion de trouver une solution au défi par la coopération.

Il m’est arrivé à plusieurs reprises dans ma vie de me faire demander par des amis et collègues de l’extérieur du camp pourquoi je passais mes étés au camp, alors qu’il existant tant de « meilleurs » emplois pour les jeunes. Il s’avère qu’aucun de ces « meilleurs » emplois n’est aussi formateur, valorisant et gratifiant que celui de moniteur de camp. Être moniteur a fait ressortir le meilleur de moi-même et m’a enseigné à composer avec le pire chez les autres. Si cela fut mon expérience au camp, on dirait que mes connaissances de l’extérieur peinent à le comprendre. Peut-être qu’ils ne le comprendront jamais. Mais je pense qu’en tant que gens de camp, nous avons la responsabilité de partager nos expériences de camp, si ce n’est que pour encourager le type de pensée positive et d’apprentissage que le camp nous a enseigné.