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Les moniteurs de camp sont super!

Posté le 2 mai 2016 par Catherine Ross

À la demande d’Ottawa Parenting Times, Catherine Ross, responsable des communications de l’ACC, a écrit cet article pour décrire aux parents les qualités d’un moniteur de camp. À partager avec vos employés pour les motiver à toujours donner le meilleur d’eux-mêmes!

Camper and Counsellor boysAux quatre coins du pays, des milliers d’anciens campeurs enthousiastes comptent le nombre de jours qu’il reste avant le début du camp d’été. Et parmi les nouveaux, il y en a peut-être qui sont plus anxieux qu’emballés à l’approche du jour J. Une fois que le camp commence, la personne la plus déterminante pour l’expérience de chaque campeur est sans contredit le moniteur.

L’administrateur est essentiel; le personnel d’entretien est utile; l’infirmière est importante (lorsqu’on en a besoin); et personne ne ferait long feu sans le cuisinier. Mais le moniteur est celui qui maintient le contact le plus étroit et le plus constant avec les campeurs. Selon l’éminente administratrice de camp Elizabeth Raymer, « C’est ce groupe de meneurs qui détermine le succès ou l’échec de toute l’entreprise… Le site le plus magnifique, pourvu d’immeubles élégants et d’une surabondance d’équipement de pointe, est inutile entre les mains d’un personnel incapable. » Ses attentes sont claires : lorsqu’on aspire au poste de moniteur de camp, il faut être bon. Nos campeurs méritent ce que vous avez de mieux.

Les administrateurs de camps lisent assidûment les CV, retiennent les candidats qui méritent une entrevue, puis vérifient leurs références. Avec soin et rigueur, ils sélectionnent un groupe de jeunes gens qu’ils croient dignes d’être émulés par de jeunes campeurs impressionnables. Une fois sur le site, ils continuent à les former, les superviser et les évaluer. Une ancienne employée de camp, qui aidait l’administrateur à interviewer les moniteurs potentiels en vue de la saison 2015, s’étonnait devant les qualifications, les personnalités, les expériences et le bénévolat des candidats. Ma propre expérience corrobore ses conclusions – les jeunes gens qui choisissent d’être moniteurs sont tout sauf ordinaires.

Canadian Camping Association Counsellors Are AwesomeL’été où mon fils de dix-huit ans s’est joint à notre équipe à titre de chef d’excursion en canot, mon réveil a été brutal. Durant des années, sans aucune arrière-pensée, j’avais envoyé les jeunes des autres s’occuper de nos campeurs dans la nature. Le fait d’envoyer mon propre fils m’a forcée à réfléchir plus sérieusement au fardeau que j’imposais à ces jeunes. Je m’attendais à ce qu’ils suivent l’itinéraire établi, qu’ils nourrissent, abritent et surveillent un groupe de campeurs pendant des jours, et cela, à l’aide du strict nécessaire, de leur expérience, jugement et habileté. Ils acceptaient le défi sans broncher, et ils ne m’ont jamais laissée tomber. Malgré le serpent à sonnettes qui se faisait bronzer au milieu du sentier, le groupe de pêcheurs ivres qui voulait partager leur site ou le jeune campeur souffrant de douleur abdominales telles qu’il a dû être évacué en pleine nuit, ils ont toujours pris la bonne décision et ramené tout le monde sain et sauf au bercail. À une exception près, ils sont toujours arrivés à temps. Une fois, lorsque le lac était trop agité pour la traversée, ils ont attendu patiemment sur la rive que le vent se calme, ce qui les a forcés à rentrer en retard, et pour cause. Mais une fois de plus, ils avaient pris la bonne décision.

Cet été-là, j’ai instauré une tradition : à la fin de la saison, j’ai écrit aux parents de mes jeunes employés afin de leur faire part de mon admiration renouvelée pour leurs rejetons au vu de tout ce qu’ils avaient accompli durant l’été.

Le mot de la fin revient aux campeurs. En tant que membre du conseil de l’organisme de bienfaisance Kids in Camp, j’ai récemment reçu un résumé des commentaires formulés par les campeurs qui avaient reçu de l’aide financière de l’organisme en 2014. Leurs remarques confirment que les moniteurs font toujours un travail remarquable. Payton nous dit : « J’ai appris à faire des acrobaties sur la planche nautique… mes moniteurs étaient super et tellement chill! » Veronica, une campeuse ayant des besoins particuliers, rapporte que : « Si quelque chose est trop dur, je peux le dire à mes moniteurs, et ça ne veut pas dire que je suis paresseuse. » Emily confirme que : « Mes moniteurs étaient vraiment gentils, aimables et généreux, et très drôles aussi. » Tal a adoré ses moniteurs : « Cameron et Shimon sont trop cool, et ils nous ont aidé à résoudre nos problèmes quand on se bagarrait. Je suis tellement chanceux d’être venu à ce camp! »
Catherine Ross, responsable des communications de l’ACC, est l’auteure de How to be a Camp Counselor, the best job in the world! ainsi que du livrel Preparing for Camp, d’Our Kids.

Les leçons de vie qu’on apprend au camp

Posté le 13 juin 2013 par Jeff Blair

Le camp et mes moniteurs ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. C’est pendant les étés que j’ai passés en forêt et au bord d’un lac que j’ai vécu, grâce au leadership de mes moniteurs, quelques-uns des moments les plus marquants et formateurs de ma vie.

Le travail de moniteur de camp n’est pas pour tout le monde. Ça prend un type particulier de leadership. Lorsque j’avais quinze ans, je suis allé sur ma première excursion de canot dans le parc Algonquin, en Ontario. Les seules autres personnes sur l’excursion étaient six autres garçons et deux moniteurs. Nous passions les journées à pagayer sur des rivières marécageuses et faire des portages dans des sentiers boueux, bravant chaleur, pluie et moustiques. Au début, c’était pénible. Le troisième jour de notre excursion de sept jours, j’en avais assez. En plein milieu d’un portage d’une géante côte, j’ai jeté mon canot par terre et me suis assis dans la boue. Mon moniteur, qui était devant moi sur le sentier, est venu me demander ce qui n’allait pas. Je lui ai dit que je n’en pouvais plus de transporter le canot, ce à quoi il a répondu : « Ok, mais les neuf d’entre nous, ensemble, on peut trouver une façon d’y arriver. » Et effectivement, trois compagnons qui avaient terminé leur portage et moi avons pris des tours à transporter le canot jusqu’à l’autre bout, et de là nous avons poursuivi l’excursion.

C’est cette simple leçon de travail d’équipe et de leadership qui m’a inspiré à devenir moniteur et guide d’excursion de canot des années plus tard. Pendant six étés, j’ai guidé une vingtaine d’excursions de canot regroupant au total près de cent cinquante jeunes hommes et jeunes femmes. C’est souvent un travail ingrat. Comme moniteurs et guides d’excursion, on nous confie la responsabilité du bien-être et de la sécurité de ce que les gens ont de plus cher, leurs enfants. En plus de s’occuper des difficultés qui surviennent au quotidien lorsque les enfants sont loin de la maison (pipi au lit, intimidation, ennui, coupures et égratignures) et de celles qui caractérisent la transition à l’âge adulte (relations, estime de soi, identité), les moniteurs de camp sont appelés à inspirer confiance, résoudre les conflits, prendre soin de l’environnement et être de bons leaders, tant auprès des campeurs que de leurs collègues.

Les moniteurs travaillent de plus longues heures que ne l’exige l’emploi moyen et sont moins payés pour le faire. Comme moniteur dans un camp de séjour ou sur une excursion de canot, on ne travaille pas de neuf à cinq, du lundi au vendredi. En fait, notre rôle se rapproche davantage de celui d’un parent à temps plein. Les moniteurs de camp sont de service vingt-quatre heures par jour, devant s’occuper des problèmes pouvant survenir pendant la nuit et se réveiller le lendemain avec le sourire. C’est l’équivalent d’un boulot qui exige de travailler toute la journée, tous les jours, mais de n’être rémunéré que pour quarante heures par semaine au salaire minimum.

J’ai choisi d’être moniteur quand même. Je l’ai fait parce que la satisfaction personnelle que j’y ai retirée a de loin dépassé toute rémunération que j’ai pu y toucher. Les habiletés et compétences que j’ai acquises au camp, autant de mes moniteurs que comme moniteur moi-même, m’ont influencé comme personne et ma façon de voir le monde. Cette expérience m’a montré qu’encadrer, éduquer et inspirer les autres est une vocation méritoire, et qu’il n’y pas d’expression plus authentique de leadership et d’engagement que de le faire sans récompense.

Le moniteur sur ma première excursion de canot aurait facilement pu lui-même porter mon canot jusqu’à l’autre bout du portage. Il aurait tout aussi bien pu me dire que j’étais « inutile », « faible » ou que je ne « faisais pas partie de l’équipe » parce que je n’arrivais pas à porter mon canot. Mais à la place, il a choisi de me permettre et de permettre aux autres membres de l’excursion de trouver une solution au défi par la coopération.

Il m’est arrivé à plusieurs reprises dans ma vie de me faire demander par des amis et collègues de l’extérieur du camp pourquoi je passais mes étés au camp, alors qu’il existant tant de « meilleurs » emplois pour les jeunes. Il s’avère qu’aucun de ces « meilleurs » emplois n’est aussi formateur, valorisant et gratifiant que celui de moniteur de camp. Être moniteur a fait ressortir le meilleur de moi-même et m’a enseigné à composer avec le pire chez les autres. Si cela fut mon expérience au camp, on dirait que mes connaissances de l’extérieur peinent à le comprendre. Peut-être qu’ils ne le comprendront jamais. Mais je pense qu’en tant que gens de camp, nous avons la responsabilité de partager nos expériences de camp, si ce n’est que pour encourager le type de pensée positive et d’apprentissage que le camp nous a enseigné.

Les contes enrichissent l’expérience de camp

Posté le 12 mars 2013 par Joe Richards

Tout commence avec une histoire : « C’était une fois… »

Pour moi, cela a commencé quand j’étais campeur. J’adorais avant tout les feux de camp. Notre camp en tenait un tous les soirs. On allait au camp pour une semaine seulement et cinq fois pendant cette semaine, on s’assoyait autour du feu pour chanter des chansons, regarder des sketchs et écouter des contes.

Les contes ont frappé mon imagination, m’emportant vers un autre monde chaque soir. À la lumière vacillante du feu, j’écoutais les moniteurs conter leurs histoires. Lorsque j’ai entendu mon premier conte, Le meurtre de Dan McGrew, j’ai été transporté dans la ville minière où se déroulait le récit. Lorsqu’ils racontaient l’histoire d’un naufrage, j’étais sur l’île avec les personnages. J’étais toujours pris par surprise lors du dénouement. Le conte est quelque chose de magique qui devrait faire partie intégrante de l’expérience de camp.

Lorsqu’on veut transmettre l’histoire de notre camp, est-ce qu’on l’écrit sur une feuille qu’on distribue à tous les campeurs pour qu’ils puissent lire sur le « grand chef » ou « le disparu  »? Non. On partage ces expériences sous forme de conte. On se sert de la tradition orale pour transmettre les émotions, le ressenti et la solennité de l’expérience. Les contes que nous entendons restent gravés dans notre esprit longtemps après que les autres souvenirs de camp se soient estompés. On se souvient de notre séjour au camp et on le partage par des histoires. Vos campeurs retournent à la maison chaque été et racontent des milliers d’histoires sur le camp.

Le conte était au cœur de l’expérience à de nombreux camps, mais à un moment donné, il est passé au second plan. Doter votre camp d’une tradition de conte offre de nombreux bienfaits. Le conte a un pouvoir unique de transmettre des leçons de vie et de morale qui restent gravées dans l’esprit des campeurs longtemps après qu’un simple message se serait estompé.

Comment instaurer une tradition de conte au camp? Quelques suggestions :

1.    Commencez par raconter – cela peut sembler simpliste, mais si on ne raconte pas de contes, on ne créera pas de tradition.

2.    Ne lisez pas, racontez – très peu d’histoires doivent être lues mot par mot. Aidez vos moniteurs à inventer leurs propres histoires, à les adapter et en faire quelque chose pour lequel on se souviendra d’eux.

3.    Interagissez avec l’auditoire – choisissez des contes qui font participer les campeurs par des sons et des gestes. La répétition dans le conte est ici essentielle. De mémoire, la meilleure partie du conte Le meurtre de Dan McGrew, c’étaient les sons et les gestes associés à chaque personnage qui faisaient en sorte que les campeurs étaient suspendus aux lèvres du moniteur en anticipant leur rôle.

4.    Fournissez des ressources – mettez des livres contenant des contes à la disposition des moniteurs. Demandez-leur d’arriver au camp avec un conte préparé et faites-leur-le raconter pendant la formation – cela les aidera à parler en public et vous aidera à trouver parmi vos moniteurs de grands conteurs que vous n’auriez peut-être jamais soupçonnés.

Le conte est un art qui s’apprend. Le conte doit être encouragé au camp. Le conte est ce que nous faisons chaque jour lorsqu’on explique pourquoi un enfant devrait aller au camp. Et vous, êtes-vous bon conteur?

(English) Second National Camp T-Shirt Day

Posté le 5 mars 2013 par Mike Stewart

Désolé, cette information est uniquement disponible en anglais.

Le Défi Bondar

Posté le 26 février 2013 par CCA Communications Committee

Dr Roberta Bondar est une icône canadienne surtout connue pour son voyage à bord de la navette Discovery en tant que première neurologiste au monde et première femme au Canada dans l’espace. Au cours de sa prolifique carrière, elle a cumulé les métiers de scientifique, médecin, astronaute, auteur, éducatrice en environnement et photographe professionnelle.

À  l’été 2012, la fondation Roberta Bondar s’est associée à l’Association des camps du Canada dans le but de lancer le Défi Bondar, mettant le programme à l’essai dans cinq camps d’été. S’inspirant du succès du Défi Bondar dans les écoles, le défi amène les campeurs à se servir d’un appareil-photo pour apprendre sur l’environnement. Les campeurs sont appelés à prendre en photo une scène de biodiversité dans leur environnement, puis de rédiger un énoncé accompagnant la photo. Mariant l’art de la photographie avec les sciences de la nature, le programme favorise un rapprochement avec la nature et sensibilise les participants à la protection de l’environnement et à la citoyenneté globale. Les images et énoncés qui remportent le concours voyageront avec l’exposition itinérante de la fondation.

Vous pouvez visionner les images gagnantes de l’édition 2012 sur la page du Défi Bondar du site Web de la fondation Roberta Bondar.

Votre camp peut participer au Défi Bondar dès l’été 2013.

Rôle de la fondation

Les frais d’inscription de 25 $ par responsable comprennent :

  • Un accès illimité au programme pour l’été 2013 par les moniteurs formés;
  • Une trousse contenant tous les renseignements sur le programme (règles, critères d’évaluation, date limite, directives de soumission, etc.);
  • Des documents de formation à l’intention des moniteurs livrant le programme, y compris des attestations de formation signées par la Dr Bondar;
  • Un accès en ligne aux outils de formation, documents, règlements et instructions du programme;
  • Un macaron numérique pour les moniteurs qui remplissent une évaluation du programme à la fin de l’été;
  • La reconnaissance comme camp participant sur le site Web de la fondation Roberta Bondar;
  • Les images gagnantes seront publiées sur le site Web de la fondation.

Rôle du camp

Les camps s’engagent à ce qui suit :

  • Les moniteurs livrant le programme doivent suivre la formation en ligne sur le site Web de la fondation;
  • Les participants doivent y consacrer au moins six heures réparties sur au moins deux jours;
  • Les campeurs et le personnel recevront les droits d’accès nécessaires pour visionner les images, rédiger les énoncés et faire leurs soumissions en ligne;
  • Le personnel sera appelé à répondre à un questionnaire en ligne au sujet de l’expérience.

S’inscrire

Les camps membres de l’ACC peuvent s’inscrire en ligne sur le site Web de la fondation Roberta Bondar au www.therbf.org.

La période d’inscription débute le 1er mars 2013 et se termine le 30 avril 2013 à 20 (HNE).

Le magie de conte

Posté le 30 octobre 2012 par Dan Yashinsky

En 1972 j’ai quitte la Californie pour venir m’installer a Toronto, où je finissais mes études, à Toronto. J’ai obtenu un poste d’été a Bolton Camp, une colonie de vacances en Ontario. Cette colonie était administrée par les Services familiaux (Family Services) et les campeurs venaient des quartiers les plus defavorisés de Toronto. J’arrivai riche d’expériences vécues variées: j’avais été emprisonné à Santa Barbara pour avoir manifesté contre la guerre au Vietnam, j’avais reçu un coup de matraque sur la tête de la part d’un agent de la CRS à Paris au moment de l’invasion de la Tchecoslovaquie par les Russes, j’avais lu Homère et Chaucer et ainsi de suite; toutefois, aucune de ces expériences ne m’avait préparé pour la rencontre avec mes “Seigneurs” en miniature de la pagaille. Par bonheur, je réussis a decouvrir que ces gamins de huit ans, a demi-sauvages, aimaient les contes de fée—plus les contes étaient longs, et mieux ils les aimaient.

Un soir, comme nous étions assis autour d’un feu de camp, je subis une révélation. Un des moniteurs de la colonie était en train de débiter une longue histoire sur le Vieux Bolton. Il s’agissait de notre fantôme local qui, selon l’histoire, tuait à coups de hache ses victimes. On disait qu’après avoir coupé en morceaux tout le monde, il s’était echappé dans la fôret qui entourait la colonie. “La”, nous dit doucement l’animateur,” le Vieux Bolton, tout en boitant, passe toujours son temps à abattre les campeurs égarés.”

A ma grande surprise, mes gamins s’étaient transformés d’un coup en les meilleurs auditeurs du monde. A ce moment-là, une fenêtre s’ouvrit dans le temps pour moi et je me rendis compte que ces enfants en train de subir le charme d’une histoire de fantôme racontée dans une colonie de vacances de notre époque, portaient une forte ressemblance a l’auditoire de la Royauté grecque ancienne, celle qui entendait avec délices les grandes epopées chantées par Homère. Même en 1972 le feu sacré du conte flambait encore, l’art du conte vivait toujours et les êtres humains—surtout mes gamins crasseux mais fervents et avides de héros—n’avaient pas perdu la passion des histoires racontées de vive voix.

J’étais mordu. Mais voilà le problème: malgré mon desir d’apprendre l’art mystérieux du conte et malgré que je detenais mon propre auditoire captif, j’étais fort timide et oublieux et de plus, je ne connaissais pas de contes!

Donc j’ai fait ce que les gens ont toujours fait au cas d’urgence: je suis allé a la bibliotheque. Les jours de congé je faisais le trajet jusqu’à la bibliotheque pour enfants torontoise nommée “Boys and Girls House.”

La, je consultais maints volumes d’histoires varies, puis je rentrais à notre colonie à Bolton muni d’une pile de contes. Au début je les lisais seul à haute voix chaque nuit. Un soir, enfin, cet été là, le moment de verité eclata. J’avais appris par coeur un conte de fée folklorique que je décidai de reciter a mes gamins. Le début du récit se passa plutôt bien: “Il y avait une fois un roi et une reine, et le roi perdit la vue. Il fit venir ses trois fils et leur dit, ‘Allez chercher un remède a ma cécite.’ Les deux premiers princes s’en allèrent aussitôt, mais le troisième, un bon a rien paresseux, se dirigea vers le jardin pour faire un somme à l’ombre de son pommier préferé.”

J’étais sur le point de dévoiler à mes mômes le rève héroique que faisait ce prince, quand Frankie, mon plus grand provocateur, celui qui semait la zizanie partout, choisit ce moment pour péter en faisant un bruit infernal qui secoua la cabane. Un vrai tohu-bohu suivit. J’étais si furieux que je le mis à la porte , rompant d’un coup tous les réglements et conseils prescrits aux moniteurs ainsi que ceux donnés sur la bonne garde des enfants. Ensuite je repris le fil de l’histoire, tandis que Frankie frappait à la porte en hurlant que le Vieux Bolton allait le dépécer.

Malgré l’agitation, les autres garcons réussirent à entendre les aventures du troisième prince: comment il avait suivi son rêve, comment il était parti à cheval sur le chemin de sa quête, comment, avec l’aide se son cheval puissant il avait conquis le Mal, comment il avait épousé le bel Oiseau de feu et enfin, comment il avait réussi à guérir la cécité de son père le roi. C’est une histoire formidable, et mes gamins – sauf Frankie – passérent le lendemain à se le redire les uns aux autres, tout en essayant d’apercevoir des oiseaux de feu errant dans les bois.

Je ne le savais pas encore à ce moment-là, mais je le sais à present: le vrai héros d’un conte est celui qui écoute. C’est Frankie qui était le troisième prince. Cétait lui qui avait le plus besoin d’entendre cette histoire, son histoire. Tous les rêveurs, ceux qui sont dans la lune, les gamins qu’on envoye chaque jour au bureau du directeur, les enfants peu valorises qui viennent des quartiers les plus pauvres de la ville – et oui, meme le gosse qui émet des bruits grossiers au lieu de se tenir bien poliment – tous pourraint posséder des qualités de héros, si seulement nous savions les déceler en eux.

Apres cet été-là, été fatidique, je travaillai à ramasser et apprendre un grand nombre de contes folkloriques, tout en inventant mon chemin de conteur. Quant à Frankie, je continue à le chercher dans tous les auditoires. Je lui dois toujours un conte.