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Les jeunes allosexuels au camp

Posté le 24 mars 2014 par Claire Bodkin

« Le camp est un endroit où je peux vraiment être moi-même! » Comme directrice de camp, il n’y a rien de plus gratifiant que d’entendre ces mots. Mais pour les jeunes allosexuels, la rigidité des rôles et la ségrégation des espaces selon le sexe font en sorte que le camp peut être un endroit où « être soi-même » ne va pas de soi. Le moment est venu d’amorcer la conversation au sujet des façons de soutenir les jeunes allosexuels dans nos camps d’été.

Commençons avec quelques termes de base. Le sexe fait référence à l’anatomie d’une personne; il peut être masculin, féminin ou intersexué. Le genre fait référence au rôle social et culturel des hommes et des femmes. Il peut être utile de concevoir le genre comme un spectre allant du masculin au féminin avec beaucoup d’espace entre les deux. Or, pour certaines personnes, dont les enfants et les jeunes, le genre est différent de ce que l’on associe habituellement à leur sexe. Ce qu’il faut savoir ici, c’est que chaque jeune est l’expert en ce qui concerne son genre et a le droit de l’exprimer à sa façon.

Avant qu’un jeune allosexuel arrive au camp, on doit réfléchir à ce que l’on peut faire pour lui offrir un programme et un espace accueillant. Le camp est-il doté d’une politique concernant les jeunes allosexuels? Avons-nous formé notre personnel à les encadrer? Employons-nous des personnes allosexuelles? Quelles sont nos obligations en vertu des lois sur les droits de l’homme? Si un jeune ou son parent nous révèle qu’il est allosexuel, comment pouvons-nous lui permettre de vivre en harmonie avec son identification sexuelle au camp? Il est respectueux (et, dans beaucoup d’endroits, obligatoire en vertu de la loi) de reconnaître pleinement à la personne allosexuelle le genre auquel elle s’identifie. Cela implique d’employer le nom et les pronoms qu’elle préfère, de veiller à ce qu’elle jouisse d’un accès sûr aux toilettes de son genre, de la placer dans une cabine avec des campeurs de son genre, et beaucoup plus.

Une fois que les campeurs arrivent, nous pouvons rendre service à tous nos jeunes en remettant en question les stéréotypes liés au sexe et les encourager à découvrir leurs talents et intérêts uniques. Nous pouvons veiller à ne pas nourrir d’attentes différentes envers les gens en fonction de leur genre. Nous pouvons offrir des modèles, par exemple, des femmes physiquement fortes qui mènent des excursions en canot et des hommes émotionnellement à l’aise de pleurer la dernière journée du camp. Nous pouvons leur offrir une validation en les connaissant de la façon dont ils veulent être connus et en leur rappelant qu’eux aussi font du camp un endroit si spécial. On peut espérer qu’ainsi, le camp sera un endroit où les jeunes allosexuels sentent qu’ils peuvent être eux-mêmes.

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Volunteer at Camp Ten Oaks
Claire Bodkin aide les organismes jeunesse à devenir plus équitables et diversifiés sur les plans stratégique et opérationnel. Elle est également bénévole au camp Ten Oaks, un camp desservant les jeunes allosexuels et leurs familles. Les opinions exprimées dans cet article sont les siennes et ne reflètent pas nécessairement celles du camp Ten Oaks. On peut joindre Claire au clairebodkin@gmail.com.