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Les problèmes de santé mentale au camp : un défi croissant

Posté le 7 avril 2014 par Catherine Ross

Dépression, anxiété, trouble de déficit d’attention, trouble de déficit d’attention avec hyperactivité, anorexie, boulimie – statistiquement, les chances sont fortes que quelqu’un au camp lutte avec l’un de ces problèmes de santé mentale. Êtes-vous préparé?

Les professionnels de santé mentale voient d’un bon oeil la prise de conscience et la sensibilité accrue de la société à l’égard des problèmes de santé mentale. Mais nous sommes encore loin d’être aussi ouverts et informés au sujet de la santé mentale que nous le sommes en matière de santé physique. Cheryl Bernknopf, professeure de sciences infirmières au Seneca College à Toronto et infirmière de camp depuis 30 ans, offre quelques conseils pratiques aux directeurs de camp:

D’abord, le camp doit déterminer s’il dispose des ressources humaines nécessaires pour servir les campeurs et les moniteurs atteints de problèmes de santé mentale. Certains camps ont recours à des experts en santé mentale pour desservir cette clientèle.

Si le camp accepte des campeurs ayant des besoins spéciaux, il doit se préparer en fonction.

  1. Recueillez des renseignements exhaustifs sur l’état du campeur avec suffisamment d’avance pour permettre au personnel de santé de communiquer avec les parents s’ils ont des questions au sujet de l’état, des éléments déclencheurs ou du traitement. Partagez ces renseignements uniquement avec les personnes qui ont besoin d’en prendre connaissance.
  2. Donnez à la famille un aperçu du déroulement d’une journée typique au camp. Leur enfant sera-t-il bien dans ce contexte? Discutez de stratégies qui permettront au campeur de vivre une belle expérience.
  3. Insistez que le campeur soit sur le même médicament et la même dose depuis au moins trois mois avant d’arriver au camp. Les réactions aux nouveaux médicaments peuvent être imprévisibles, ce qui pose un risque accru.
  4. Informez les parents qu’il n’est pas recommandé de prendre congé de médicament. Les campeurs doivent être au sommet de leur forme pour s’installer au camp et tisser des liens.
  5. Éduquez votre personnel sur les problèmes de santé mentale. Formez-les à reconnaître les émotions et les signes de détresse du campeur, à être sensibles et tolérants et d’avoir des stratégies pour venir à bout de situations particulières. Insistez sur l’importance d’une surveillance étroite.
  6. Désignez une personne, par exemple un moniteur ou une infirmière, à qui le campeur peut parler s’il a besoin d’aide ou d’une pause. Établissez un signal privé que le campeur peut faire sans attirer d’attention sur lui s’il souhaite se retirer d’une activité.
  7. La personne désignée doit comprendre que son rôle est d’écouter attentivement et de rester calme. Elle n’est pas une thérapeute formée. Elle n’offre pas de conseil. Si le campeur devient agité, la personne désignée devrait l’accompagner vers une assistance médicale. Le campeur doit savoir que le moniteur documentera la conversation et partagera l’information avec autrui afin d’assurer sa sûreté.
  8. Si un campeur a de la difficulté à exprimer ses émotions et ses problèmes, suggérez qu’ils les transcrivent par écrit.
  9. Sollicitez l’aide de cochambreurs sensibles.
  10. Soyez clairs à propos de qui est inacceptable (ex. : refuser de prendre ses médicaments). Remettez les médicaments de façon discrète afin de ne pas attirer d’attention sur le campeur.
  11. Faites un suivi régulier auprès du campeur. Soyez proactifs afin d’éviter les problèmes sociaux.

Les camps devraient être conscients :

  1. Qu’il y a des parents qui ne divulguent pas l’état de santé mentale de leur enfant de peur que le camp ne le refuse. Les camps doivent communiquer clairement aux parents qu’en omettant de divulguer des renseignements médicaux importants, ils pourraient mettre leur enfant à risque. Pour la sûreté de leur enfant et du camp, une divulgation complète est nécessaire.
  2. Qu’il est possible que des moniteurs omettent de divulguer des renseignements médicaux de peur de ne pas être embauchés ou d’être rejetés par les autres moniteurs. Ils pourraient être plus enclins à être transparents s’ils savent que seul le personnel de santé aura accès à leur dossier médical. Leur vie privée sera respectée à moins que leur rendement au travail contraigne le personnel médical à en informer le directeur. Mettez en place une procédure pour permettre au personnel de prendre une pause non prévue à l’horaire si nécessaire.

Voici, selon les experts, quatre facteurs d’une bonne santé mentale et physique :

  • Faire de l’exercice régulièrement
  • Adopter une alimentation saine et équilibrée
  • Manger des repas en famille
  • Passer du temps en personne avec ses amis

Est-ce que cela sonne comme le camp?

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Communications Officer at Canadian Camping Association
Catherine's lifelong love of camping began in 1953 when she accompanied her mother, the new camp cook, to Camp Tanamakoon in Algonquin Park. She remained at Tan until 1978 as a camper and in several staff roles. After five years as a teacher, in 1979, Catherine and her husband George purchased Camp Mi-A-Kon-Da for girls in Parry Sound, Ontario which they owned for 20 years. Catherine has served on the Board of the Ontario Camps Association, and is Past President of the Society of Camp Directors. She is currently Communications Officer on the Board of the CCA. She is past editor of Camps Canada, published by the CCA, and the OCAasional News, the newsletter of the OCA. She is the author of four publications. Her articles on camping have appeared in numerous magazines.