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Un Laboratoire Écologique pour Enseigner la Durabilité de l’Environnement

Posté le 5 novembre 2009 par spreston

Le laboratoire du camp pour filles de Glen Bernard a été inauguré le 30 juin 2009, juste à temps pour accueillir ses premières campeuses. Fondé en 1922 par Mary S. Edgar, ce camp est situé non loin de Sundridge, en Ontario. La propriétaire et directrice, Jocelyne Palm, a entrepris la construction du laboratoire le 1er décembre 2008 après avoir étudié à fond les technologies d’énergie de remplacement. L’immeuble de 12 mètres carré, situé au pied d’une colline rocheuse, est destiné à enseigner l’énergie renouvelable et la durabilité de l’environnement aux campeuses au cours de l’été, et à des groupes d’écoliers le reste de l’année. En fait, le camp est le meilleur endroit qui soit pour enseigner aux enfants comment prendre soin de la planète et comment se comporter de façon responsable envers les générations à venir. Cet immeuble unique dispose de tout le nécessaire pour étudier un mode de vie écologique, notamment en ce qui a trait au chauffage et à l’éclairage alternatifs. Selon Jocelyne, ancienne enseignante au secondaire et titulaire de diplômes en éducation et en science, « l’enseignement est un processus en trois étapes. Il faut d’abord connaître tous les faits. Ensuite viennent la conscientisation et les gestes qui font une différence. » En raison du design novateur du laboratoire, Jocelyne Palm a bouleversé les méthodes des architectes, des ingénieurs et des entrepreneurs qui ont travaillé à sa construction. Peu importe le prix à payer, le jeu en valait la chandelle! Le toit vert, entièrement accessible, se compose de deux jardins. La rampe d’accès et les escaliers qui y mènent sont pourvus de grilles pour nettoyer les chaussures des campeuses et pour empêcher les animaux de s’y aventurer. D’un côté, un vaste jardin dans lequel on a planté différents orpins. Ces plantes ont la propriété de stocker l’eau de pluie, si bien qu’elles n’ont pas besoin d’être arrosées, sauf par temps de sécheresse, ce qui était loin d’être le cas de l’été 2009. Cette couverture végétale, qui n’excèdera jamais 10 cm de hauteur, isole l’immeuble et comporte de nombreux autres avantages. De l’autre côté se trouve le jardin potager d’une superficie de 9,85 m de long sur 2,5 m de large et pour lequel il a fallu 17 sacs de terre biologique pour le couvrir. Ce jardin fournit en ce moment des tomates, des carottes, des radis, des fèves, des pois, du basilic ainsi que des soucis et des pétunias pour la variété (et leur beauté). L’année prochaine, Jocelyne espère les remplacer par d’autres fleurs qui seront à la fois jolies et comestibles. Nul besoin de préciser que la ferme de toit est suffisamment forte pour soutenir le poids d’un groupe de personnes, de l’équipement pour certaines activités, ainsi que celui des deux toits verts (et l’eau qu’ils emmagasinent). Par ailleurs, chaque jardin est doté de son système de drainage pour récupérer l’eau de pluie que les campeuses mesureront. Étant donné que les jardins sont différents, elles seront également en mesure de comparer les deux types d’eau de pluie afin de déterminer l’efficacité des deux jardins. L’eau de pluie qui tombe ailleurs sur la toiture s’écoule dans d’autres canalisations qui rejoignent des tonneaux situés au niveau du sol. Une pompe sur le toit sert à recycler cette eau pour arroser les jardins, au besoin. Pour compléter l’aménagement, on a installé au centre de chaque jardin un lanterneau d’éclairage, usiné par Ciralight. Il s’agit en fait d’un puits de lumière équipé de miroirs qui tournent continuellement afin de se positionner en ligne droite vis-à-vis du Soleil et qui réfléchissent suffisamment de lumière pour éclairer la salle de classe, même pendant les jours les plus maussades. Chaque lanterneau est doté d’une cellule solaire qui tourne simultanément avec les miroirs, optimalisant ainsi l’alimentation en lumière naturelle. De plus, deux grands panneaux solaires sont fixés du côté sud de l’immeuble près du toit. Un centre météorologique, logé entre les panneaux, mesure la pression atmosphérique, l’humidité, la température, la direction et la vitesse du vent, les précipitations ainsi que les rayons ultraviolets. Cet équipement et ses données contribueront à animer des discussions sur le réchauffement climatique, les tendances météo et les dangers du cancer de la peau. La direction du camp entend tenir des registres quotidiens pour comparer toutes preuves du changement climatique. Un troisième panneau solaire, opérable manuellement celui-là, est installé derrière l’immeuble. Les campeuses dirigeront ce panneau de façon à suivre le Soleil et ainsi optimaliser la collecte d’énergie. Ainsi, assez d’énergie solaire est collectée pour chauffer et éclairer l’immeuble et alimenter le laboratoire ainsi que tout l’équipement audiovisuel utilisé. Le surplus d’énergie sera emmagasinée dans des cellules qui alimenteront le laboratoire après le coucher du soleil et les grilles du camp afin d’être distribuée ailleurs sur la propriété. La directrice du camp estime économiser 5 % sur sa facture d’hydroélectricité. À l’intérieur se trouve une seule pièce vaste. Le carrelage, facile d’entretien et confortable pour les pieds, est fait de pneus recyclés, provenant d’une usine à Salmon Arm, en Colombie-Britannique. Même si les fenêtres à double vitrage sont petites, pour réduire la perte de chaleur en hiver et garder la pièce fraiche en été, elles sont haut placées pour maximiser la lumière. Sahar Ghafouri-Bakhsh, une étudiante de quatrième année en science de l’environnement de l’Université de Toronto, et Aliya Hollingsworth, une étudiante en anglais et en études de l’environnement à l’Université Queen’s, enseignent les sciences de la terre et de la durabilité de l’environnement aux campeuses dans des cours d’une heure et d’une heure et demie respectivement. Quant aux groupes d’écoliers, ils ont la chance de vivre le cours obligatoire d’environnement, ce qui est bien mieux qu’un apprentissage en salle de classe. D’ailleurs, où auraient-ils l’occasion conduire les voiturettes électriques ou à l’hydrogène, si ce n’est qu’au camp Glen Bernard? Jocelyne estime que plus la technologie se raffinera et gagnera en popularité, moins son coût sera prohibitif. Entre-temps, le camp Glen Bernard encourage les camps de partout à faire figure de proue dans l’enseignement de la durabilité de l’environnement et à faire tout ce qui est en leur pouvoir MAINTENANT pour enseigner aux campeurs comment préserver les ressources de la planète pour les prochaines générations de campeurs. Catherine Ross

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