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Espérer pour le mieux et se préparer au pire

Posté le 15 novembre 2011 par spreston

Tout directeur de camp voudrait bien écarter de ses pensées l’éventualité d’une tragédie à son camp. Une crise assez sévère pour retenir l’attention des médias tomberait probablement dans la catégorie des « pires scénarios à pouvoir survenir au camp ». Et quand la tragédie frappe, nous sommes inévitablement confrontés à un numéro de jonglage – le plus important, c’est que nous avons nos propres partenaires à protéger et servir. Par conséquent, d’abord et avant tout, nous prenons soin de nos campeurs. En second lieu (et le plus tôt possible), nous communiquons avec les parents pour les rassurer et les informer que leurs enfants sont en sécurité. Et en troisième lieu, viennent les médias, et si nous sommes en crise, ils s’amèneront sûrement.

À ce moment-là, perturbés par la situation, nous risquons de ne pas être prêts. Nous voudrons les éloigner. Ils essaieront sûrement de nous joindre, par téléphone ou par courriel, et si la crise est assez excitante, ils se pointeront au camp, sans s’annoncer.

A priori, nous sommes tentés de dire « Pas de commentaire ». Ne tombez pas dans le panneau! Cette attitude vous ferait paraître vraiment mal. Vous feriez mieux de pondre trois messages clés que vous pourriez transmettre. Pourquoi seulement trois? Parce que si vous en aviez davantage, votre stress pourrait vous rendre confus lors de vos entrevues avec les reporters. Aussi parce que ces derniers préfèrent la simplicité. Si vous leur donnez davantage d’information, c’est eux qui choisiront les éléments qu’ils jugent intéressants. Par exemple, livrez-leur cinq messages et il y a fort à parier qu’ils retiendront les deux que vous aimez le moins. Vous ne voulez surtout pas que ce soit le cas. Au contraire, vous voulez contrôler l’information.

La seule façon de contrôler le message est de leur donner précisément l’information que vous voulez partager. Pas plus. Par conséquent, par anticipation de toute rencontre avec les médias, préparez vos trois messages clés. Vous serez alors prêt à accueillir les médias. Faites cet exercice dès que la sécurité de vos campeurs est assurée et que vous aurez communiqué avec les parents. Parce que les médias sont rapides sur la gâchette!

Comment inscrire les trois messages clés? Premièrement, rédigez-les sous forme d’aide-mémoire en vue de votre entretien avec les médias. Pas d’improvisation, ici. C’est comme ça que les erreurs se produisent. Deuxièmement, inscrivez les trois points dans l’ordre inverse de priorité. Pour moi, le point UN constituerait toujours une forme quelconque de rassurance sur la sécurité actuelle de tous nos campeurs. Le point DEUX pourrait porter sur la sécurité future de tous nos campeurs. Quant au point TROIS, il pourrait porter sur ce que nous faisons proactivement pour régler le problème auquel nous sommes confrontés.

Peu importe les questions que vous posent les reporters, prenez l’un de ces trois points comme réponse. N’allez pas plus loin. Répétez ces phrases au besoin. Et n’allez pas dire quoi que ce soit que vous n’avez pas prévu. Ils tenteront bien de vous tirer les vers du nez, mais fermez-leur la porte. Votre tâche consiste à demeurer en contrôle de l’entrevue, de façon à préserver la bonne réputation de votre camp.

Par Joanne Kates, Directrice, Camp Arowhon, Parc Algonquin (Ont.)

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