Archive for avril, 2016

Notre source d’inspiration

Posté le 22 avril 2016 par Peter Katz

Le 14 avril 2016, Peter Katz, le talentueux auteur-compositeur-interprète canadien sélectionné pour un prix Juno, prononçait un discours d’ouverture devant la Société des directeurs de camps. Son message simple, sincère et parfois amusant adressait de chaleureux remerciements à tous les moniteurs de camp dans l’assistance. Lorsque Peter avait onze ans, un animateur de camp qu’il « vénérait comme un dieu » lui a prêté sa guitare en l’invitant à gratouiller un accord. C’est ainsi, selon lui, qu’a débuté sa remarquable carrière musicale.

Extraits de l’allocution prononcée par Peter Katz devant la Société des directeurs de camps le 14 avril 2016

Je m’appelle Peter Katz. Je gagne ma vie comme auteur-compositeur-interprète; j’écris de la musique, je donne des spectacles aux quatre coins du monde, et je compose aussi pour le cinéma et la télévision. Une de mes compositions dont je suis le plus fier s’intitule The Camp Song (La chanson du camp), une pièce commandée spécialement pour le 8e Congrès international des camps, en 2008 à Québec, que j’ai eu la chance de présenter à plus de 600 administrateurs de camps du monde entier. À partir de ce moment, j’ai vu la chanson faire le tour des camps de la planète, de la Chine à l’Allemagne, en passant par Hawaï, la Turquie et la Russie.

Ma vie de chansonnier part du principe selon lequel je m’investis corps et âme dans ces petites choses appelées chansons, que je lance ensuite dans le monde… J’ai entendu dire que mes chansons jouaient dans les chambres de naissance pendant qu’une nouvelle vie venait au monde; j’ai vu d’innombrables vidéos où les futurs mariés s’avançaient vers l’autel au son d’une de mes pièces ou faisaient leurs premiers pas de danse ensemble; on m’a raconté que mes chansons jouaient dans des veillées mortuaires ou accompagnaient les derniers souffles des mourants dans leur lit d’hôpital.

Voici ce que je veux que vous sachiez à propos de votre travail. Moi, je fais des chansons, et vous, vous faites des gens. Un camp, c’est une véritable FABRIQUE de moments marquants dont les gens se souviennent toute leur vie. Un camp, c’est une pépinière de découvertes déterminantes qui contribuent à forger des identités, des ambitions et l’estime de soi fondamentale que les gens portent en eux pour toujours. Vous travaillez à la source même; vous créez de la sécurité affective, et au sein de cette sécurité, les enfants et les jeunes se sentent à l’aise de prendre des risques, d’oser, de s’engager d’une façon qui leur serait impossible s’ils étaient paralysés par la peur et le jugement.

Un camp, ce n’est ni les chalets, ni les arbres, ni les feux de camp, ni toutes ces choses auxquelles on pense habituellement. Et l’escalade, ce n’est pas de l’escalade : l’escalade, c’est affronter la peur; l’escalade, c’est endurer l’inconfort; c’est apprendre à faire confiance; c’est aller jusqu’au bout même si c’est dur. Et descendre une rivière en canot, ce n’est pas descendre une rivière en canot : c’est se soumettre à des choses qu’on ne peut pas contrôler; c’est apprendre à composer avec les circonstances; c’est faire équipe pour arriver ensemble à destination; c’est la communication. Et la randonnée, ce n’est pas la randonnée : c’est être capable de se tenir debout et de mesurer le chemin parcouru; c’est avancer lentement mais sûrement; c’est surmonter la petite voix intérieure négative et aller de l’avant malgré tout.

Je suis venu vous dire que les camps, ça compte. Je crois que chaque jeune devrait avoir le droit fondamental d’expérimenter un camp [applaudissements enthousiastes du public ici!], et à titre d’ancien participant, je veux vous remercier du fond du cœur. Je sais bien qu’il y a aussi la logistique, les budgets, le marketing, la santé et la sécurité, ainsi que la politique… Mais n’oubliez jamais que vous êtes en première ligne d’expériences de vie marquantes et que toutes vos chansonnettes parcourent le monde et l’influencent d’une foule de manières dont vous ne saurez rien ou n’entendrez jamais parler – mais c’est bien ce qui arrive!

(English) Fifth National Camp T-shirt Weekend Celebration!

Posté le 18 avril 2016 par CCA Communications Committee

cca2016fr

(English) Webinar – Managing challenging camper behavior

Posté le 8 avril 2016 par Mike Stewart

Désolé, cette information est uniquement disponible en anglais.

Votre programme d’art et d’artisanat est-il à la hauteur?

Posté le 4 avril 2016 par Dr. Christopher Thurber

Canadian Camping Association Crafts« Qu’est-ce que c’est? », m’a demandé mon chef de cabine. Nous avons tous les deux admiré mon œuvre en argile vernie qui sortait du four. J’avais 12 ans. Je n’avais rien créé de précis. J’avais plutôt conçu un peu n’importe quoi en m’amusant simplement à modeler l’argile pendant les longues périodes du programme d’art et d’artisanat. Mais chose sérieuse, il fallait maintenant que j’identifie mon projet!

« Humm… », ai-je dit tout haut.

Enfin, mon chef de cabine s’est exclamé : « Oh, je vois. C’est un cendrier. »

Et voilà. Nous étions en 1980, il était donc encore permis de faire un cendrier. Aujourd’hui, dans la mouvance du politiquement correct, le même objet serait assurément qualifié de plat à bonbons ou à noix de soya santé et hypoallergènes. Dans tous les cas, mon œuvre était bien là et elle existait en tant que telle. Comme pour la plupart des projets d’art et d’artisanat au camp, elle représentait avant tout un instantané de mes pensées, de mes sentiments et de mes actions du moment. Elle était simple et personnelle, et c’est sans doute la raison pour laquelle elle repose toujours sur le bureau de ma mère (sans cendre).

Des flots d’encre ont coulé sur ce qui définit l’art et sur ce qui le distingue de l’artisanat. Mon intention n’est pas d’écrire un essai sur l’esthétique, je tiens seulement à dire pourquoi je pense que l’art et l’artisanat sont si importants au camp. Dans mon esprit, toute initiative créative mettant les sens en éveil peut être considérée comme de l’art. En revanche, l’artisanat exige des compétences structurelles, souvent acquises en tant qu’apprenti. Naturellement, l’art et l’artisanat vont de pair. Par exemple, Michel-Ange faisait appel aux méthodes artisanales de sculpture sur pierre pour créer ses œuvres, notamment le David. De même, au camp, les enfants apprennent des techniques telles que le tissage et la menuiserie pour créer des objets d’art comme des paniers et des cabanes à oiseaux. À quelle fin?

De nos jours, on admet que l’esprit humain se compose d’intelligences multiples. Autrement dit, nous sommes dotés de différentes forces cognitives – mathématique, sociale, verbale, artistique, etc. – qui se complètent l’une et l’autre. Par conséquent, le fait de combiner des activés sportives et sociales avec des projets d’art et d’artisanat nourrit le cerveau des enfants. Il s’agit en quelque sorte d’une formation intellectuelle transversale. Le problème de certains programmes d’art et d’artisanat, c’est qu’ils sont soit trop marginalisés, soit trop mécanisés.

D’une part, il y a marginalisation, lorsque la direction du camp ne parvient pas à créer une atmosphère où l’art est valorisé. L’art et l’artisanat ne sont alors pas perçus comme des activités « cool ». Peu de campeurs participent aux maigres périodes offertes et ceux qui le font sont étiquetés comme non sportifs, non aventureux ou non hétérosexuels.

D’autre part, il y a mécanisation, lorsque la direction du camp s’appuie sur des trousses déjà toutes faites au lieu de stimuler la créativité. On demande parfois aux campeurs d’acheter des mocassins, des cabanes à oiseaux, des portefeuilles, etc. à assembler. Dans ces cas, les activités – si on peut les appeler ainsi – se résument aux explications fournies aux enfants par le moniteur sur l’interprétation des directives d’assemblage. La fibre créative des enfants s’éteint alors en même temps que leur estime de soi, puisqu’il n’y a aucun sentiment réel d’accomplissement.

Dans les meilleurs camps, les programmes d’art et d’artisanat ont le vent dans les voiles, car la direction reconnaît la valeur d’un bon équilibre entre les activités – une combinaison adéquate de sport, d’aventure et d’art. Qui plus est, ces programmes sont florissants, car ils encouragent les campeurs à affiner leurs compétences, à résoudre des problèmes et à créer de nouvelles choses. C’est excellent pour leur cerveau et leur esprit, et le personnel du camp participe alors activement à sa mission, soit de favoriser un développement positif des jeunes. En prime, certains parents et grands-parents chanceux pourraient recevoir un cendrier – ou plutôt un presse-papier – à la fin du camp.

Cet article a initialement été publié dans le blogue Week-Ender, un produit de la revue Camp Business. Pour vous abonner, rendez-vous au www.campbusiness.com.