Archive for mai, 2012

Plus que jamais, l’expérience du camp est bénéfique aux enfants

Posté le 14 mai 2012 par spreston

– Catherine Ross, agente de communications de l’ACC

Le 31 mars 2012, Elizabeth Renzetti, chroniqueuse au Globe and Mail, a publié un article sur les parents hyperanxieux. En conclusion, elle affirmait : « On doit protéger nos enfants contre nous-mêmes, leurs parents. Ils doivent parfois se perdre dans la nature, avec d’autres jeunes boutonneux et tatoués de la même espèce qu’eux, là où ils seront bien. Enfin, probablement. » Bien sûr, c’était une façon de parler, mais je l’ai pris au mot…
Il n’y a pas meilleur endroit que le camp lorsqu’on veut éloigner un enfant de l’anxiété excessive de ses parents souvent trop indulgents et briser le lien de dépendance entre l’un et l’autre!

Elizabeth Renzetti a écrit son article en réaction à l’annulation en 2012 de la traditionnelle course aux œufs de Pâques à Bancroft Park, près de Colorado Springs parce que en 2011, des parents n’avaient pas attendu le signal officiel du départ pour être bien certains que leurs rejetons s’emparent des forts convoitées friandises. Je me suis souvenu alors d’une expérience semblable que j’avais vécue chez moi lorsque j’avais invité d’ex-collègues conseillers de camp avec leurs enfants. J’avais aussi organisé une telle course aux œufs de Pâques dans mon salon et ma salle à manger, en me disant que nous les adultes, en profiterions pour prendre un café tranquillement dans la salle familiale. J’avais bu mon café toute seule : les parents, panier en main, étaient bien trop occupés à suivre leurs petits chéris, leur indiquant où étaient cachés les œufs pour être bien certains qu’ils n’en manqueraient pas un! Ils avaient oublié une des règles d’or que connaît pourtant tout moniteur de camp : ne jamais faire à la place d’un enfant ce que celui-ci peut faire en y mettant un peu d’effort.

Le 1er mai, un autre article du Globe and Mail traitait d’une toute nouvelle mode qui consiste à souligner la fin des études primaires des enfants en dépensant une fortune pour l’achat d’une robe pour les petites filles, en louant une limousine, en payant une séance avec un photographe professionnel, des séances de maquillage, de manucure et de pédicure. Tant bien que mal, les parents tentent de trouver un certain équilibre : souligner dignement l’événement sans toutefois céder à tous les caprices. Certains parents ont de la difficulté à dire « non ». Dans un article intitulé How to Land your Kid in Therapy (Comment mener votre enfant tout droit chez le thérapeute), la psychothérapeute Lori Gottlieb parle de ces parents qui sont prêts à tout pour satisfaire leur enfant et le protéger des chocs de la vie. Elle affirme : « La surprotection des enfants par les parents contribue à faire de ces jeunes des citoyens au narcissisme exacerbé. »

Encore une fois, inscrivez vos enfants dans un camp!

Les enfants profitent de la vie au camp parce qu’ils y apprennent à bien vivre avec peu : le moins de vêtements possible (tout juste ce qu’il faut pour remplir un sac de voyage), un espace restreint (une couchette et un petit cubicule) et très peu de commodités (pas de télé ni d’ordinateur et une salle de bain commune). Ils apprennent à partager les divers équipements et la nourriture, mais aussi l’attention des moniteurs. Ils apprennent à collaborer pour préparer le feu de camp, nettoyer leur cabine ou diriger un canoë en tandem. Ce faisant, ils découvrent que la vie peut être agréable et bien remplie même sans tous ces gadgets qu’ils estimaient jusque-là nécessaires à leur bien-être simplement parce que tout le monde en possède! Ils découvrent qu’ils peuvent se débrouiller seuls et qu’ils sont capables de faire des choix et de prendre des décisions sans toujours devoir compter sur les conseils de papa et maman au bout du téléphone cellulaire.

Pour ce qui est d’autoriser le téléphone cellulaire au camp, chaque directeur de camp doit, en consultation avec les parents et le personnel du camp, prendre la décision en se demandant ce qui est le mieux pour les campeurs.

– Catherine Ross, agente de communications de l’ACC 

Des raisons pour changer

Posté le 8 mai 2012 par spreston

Depuis plus de 30 ans, Jane McCutcheon exerce un fort leadership dans le milieu des camps. Elle a animé des ateliers, organisé des conférences internationales sur les camps, fut présidente de l’ACC et elle a reçu de nombreux prix tant à l’échelle provinciale que nationale remis par des organisations de camps. Jane, aujourd’hui consultante auprès de camps et autres organisations, fut nommée Entrepreneur de l’année en Ontario en 1999.

1) Quelle est votre expérience dans le domaine des camps ?

J’ai commencé à l’âge de 12 ans au Camp Tawingo. J’ai été associée à ce même camp pendant les 36 étés suivants, et pendant 25 ans à temps plein. J’ai peu à peu gravi les échelons, passant de campeuse à responsable d’excursions en forêt, puis monitrice en formation, monitrice et enfin directrice et propriétaire de camp.

2) Depuis le début de votre carrière, quels sont les principaux changements qui sont survenus au sein de l’industrie?

Aujourd’hui, les familles ont beaucoup plus de choix pour ce qui concerne les camps d’été. De nombreux parents souhaitent faire vivre l’expérience de camp à leurs enfants, mais le camp n’est qu’une des activités estivales qui s’offrent à eux. La dynamique familiale a changé et le modèle familial traditionnel n’est plus le seul possible.

Il me semble que les gestionnaires de camps ont tendance à considérer le camp comme plus important qu’il l’est en réalité. Pour les familles, les camps ne sont aujourd’hui qu’une option parmi d’autres. Les parents recherchent des séjours plus courts et les inscriptions aux camps entrent à un rythme plus lent qu’autrefois.

3) Vous dites que les gestionnaires de camps ont tendance à considérer le camp comme plus important qu’il l’est en réalité. Voilà une affirmation étonnante!

J’ai le sentiment que les gestionnaires de camp ne connaissent pas suffisamment la clientèle cible d’aujourd’hui. En réalité, nous devons apprendre à mieux connaître leurs besoins si nous voulons attirer des gens de diverses cultures et de nouvelles familles. Dans certaines cultures, le simple mot « camp » peut faire peur, car ce mot est associé aux camps de réfugiés. Il est important d’expliquer clairement le concept du camp. Nous devons donc apprendre à mieux connaître nos diverses communautés et les amener à comprendre les valeurs associées à l’expérience de camp.

Nous pouvons apprendre de l’expérience des YMCA – dont plusieurs centres ont su s’adapter aux diverses communautés culturelles. Nous devons faire preuve de plus de créativité lorsque nous expliquons ce que nous faisons.

Ainsi, je suggère aux gens qui mettent sur pieds un nouveau programme de camp de ne pas parler de camp, mais plutôt de centre d’apprentissage, ou de choisir un autre terme auquel pourront s’identifier les familles. Nous devons être très précis lorsque nous expliquons qui nous sommes et ce que nous faisons. Souvent, dans notre marketing, nous avons tendance à mettre de l’avant notre programmation et nos activités plutôt que de parler de ce que nous faisons réellement au-delà de cela, c’est-à-dire contribuer à former des citoyens responsables en leur offrant des modèles de leader et de rôle positifs.

Tous ceux qui font partie de la communauté des camps doivent également travailler ensemble. Plutôt que de travailler en vase clos pour mettre en marché notre camp, il serait beaucoup plus profitable de travailler ensemble à diffuser un message commun. Les camps privés devraient organiser des activités de week-end en ville pour montrer aux familles ce qu’ils font réellement. Il serait aussi sage de s’associer à des organisations urbaines qui œuvrent auprès des familles, et nous devons aussi réfléchir à nos tarifs. Et pourquoi n’offririons-nous pas des rabais ou des offres promotionnelles à certains moments?

4) Dans tous ces changements qui sont survenus, y en a-t-il que vous avez personnellement trouvés soit démotivants ou, au contraire, stimulants?

Je suis toujours optimiste relativement à l’expérience des camps. Les camps peuvent constituer une expérience extraordinaire sur une courte période s’ils se concentrent sur leur mission principale et sur ce qu’ils peuvent offrir. Je me souviens encore de ce périple en canoë de 21 jours : ce fut le voyage en canoë le plus fantastique de toute ma vie. Nous avons eu toutes les conditions météo, nous avons dormi directement sur le sol, nos tentes n’avaient pas de moustiquaire ni de fermeture éclair. Mais c’était merveilleux. Toute expérience de camp peut être extraordinaire si elle est menée par les bons leaders.

Cela me désespère un peu de voir des camps qui n’arrivent pas à recruter à pleine capacité et qui, pourtant, refusent de s’adapter et de changer. Je m’étonne chaque fois de constater que des camps qui ne parviennent pas à faire des profits ne tentent pas de changer cette situation. Nous ne pouvons pas nous enfouir la tête dans le sable et simplement espérer que les campeurs affluent.

5) Au cours des 10 dernières années, quels changements se sont imposés d’eux-mêmes?

Je pense que les principaux changements se sont produits sur deux plans : l’économie et la dynamique familiale. Aussi, il y a eu des changements sur le plan des effectifs. Plus que lorsque nous-mêmes étions adolescents, les jeunes d’aujourd’hui veulent avoir leur mot à dire. Les camps doivent apprendre à mieux connaître leurs employés. Ils doivent leur offrir un accès Internet et leur permettre un meilleur accès à leur téléphone cellulaire. Je crois qu’à certaines périodes, on devrait permettre aux enfants d’utiliser leur téléphone cellulaire au camp. Cela inciterait certainement des parents à inscrire leur enfant à un camp.

6) Selon vous, comment les camps que vous connaissez s’adaptent-ils au changement?

Les camps qui offraient des séjours d’un mois offrent maintenant des séjours de plus courte durée; plusieurs camps proposent aussi aux jeunes des séjours spéciaux le week-end; certains camps ont développé des thématiques différentes et proposent des programmes axés sur la musique instrumentale, le théâtre, l’art du clown ou les arts du cirque. Certains aussi innovent dans leurs divers modes de tarification et adoptent par exemple un système de tarification différentiel.

7) Quels sont les principaux changements que les camps devraient envisager?

Je pense qu’un des éléments clés est de maintenir la présence du camp dans le milieu familial non seulement après le séjour au camp comme tel, mais tout au long de l’année. L’organisation de rencontres ou d’événements à la ville peut être très efficace. Il est aussi essentiel d’utiliser les médias sociaux et il peut être intéressant d’offrir aux employés des camps l’occasion d’entretenir des contacts en ligne tout au long de l’année avec les campeurs.

8) Pour quelles raisons l’industrie des camps résiste-t-elle au changement?

Je crois que certains gestionnaires de camps sont tellement convaincus de bien connaître l’industrie qu’ils estiment que rien ne doit changer. Mais ces gestionnaires connaissent-t-ils réellement ce que vivent les jeunes tout au long de l’année? Bien sûr, nous savons à quel point l’expérience de camp peut être enrichissante pour un jeune, mais nous devons d’abord convaincre ce jeune de venir nous voir. Nos activités marketing doivent mettre l’accent sur les besoins et les désirs des familles. Il n’est pas facile de faire ces changements, mais selon moi, ceux-ci sont nécessaires et les directeurs de camp ne peuvent y parvenir seuls. Ils doivent pourvoir compter sur une équipe (des employés, des bénévoles ou des pairs) et c’est tout le camp qui soit s’engager dans ce processus de changement.

Une des clés du changement réside dans la mise en œuvre d’un processus d’évaluation efficace. De nombreux gestionnaires n’aiment pas l’idée que les parents évaluent la performance du camp. Je crois au contraire qu’il faut obtenir le plus de rétroaction possible des parents, des campeurs, du personnel et suite aux rencontres dans la communauté que tiennent les directeurs. Cette évaluation est une condition essentielle du succès.

Œuvrer dans l’industrie des camps constitue toujours une expérience professionnelle fantastique. Le travail est un peu plus difficile qu’autrefois, mais si l’on réussit à changer et à s’adapter, je crois sincèrement que l’avenir des camps est prometteur. Et je vois toutes sortes de belles choses se produire un peu partout au pays.

(English) A New Written Resource for Camps Which Could Save a Life

Posté le 1 mai 2012 par spreston